• Tapis de lecture : "Ti-Marie et l'oranger magique", conte d'Haïti

    J'avais depuis longtemps ce morceau de tissu matelassé avec un fond d'orangers, et je me demandais bien si j'allais en faire une trousse ou autre chose. Finalement, dans mon dossier de lectures, j'ai retrouvé un conte qui collait parfaitement avec.

    J'ai décalqué le personnage sur la feutrine, ses habits sur le tissus bariolé, j'ai tout cousu sur le fond, puis j'ai brodé les cheveux, les lèvres, les yeux et les bijoux avec du fil à broder et des perles de rocaille.

    Oranger magique

    Voici le conte :

    Il y avait une femme qui avait une belle-fille qui vivait chez-elle. Mais elle n'aimait pas sa belle-fille. Un jour, avant de partir, elle laissa deux oranges sur la table. Ti-Marie qui avait faim, en mangea une. A peine arrivée, la belle-mère demande à Ti-Marie où est passée l'autre orange.

    - Mère, c'est moi qui l'ai mangé. 

    - Je ne t'avais pas dit de la prendre, alors rends-la moi !

    - Mère, c'est parce que j'avais faim que je l'ai mangée.

    - Va me chercher immédiatement mon orange ! 

    - Comment vais-je faire pour vous rendre l'orange ? Je n'ai pas d'argent pour en acheter.

    - Peu m'importe, mais ramène-moi mon orange. 

     Cric ! Crac !

    Ti-Marie retourne alors là où elle avait mangé l'orange, ramasse une graine et s'en va sur la tombe de sa vraie mère. Elle plante la graine et se met à chanter : 

    Ti zoranj levé, levé ti zoranj. Ti zoranj levé, levé ti zoranj.

    Aïe ! Ma belle-mère ti-zoranj, belle-mère pa manman ti-zoranj. 

    Tout à coup, une pousse sort de terre. Elle continue de chanter :

    Ti zoranj grandi, grandi ti zoranj. Ti zoranj grandi, grandi ti zoranj.

    Aïe ! Ma belle-mère ti-zoranj, belle-mère pa manman ti-zoranj.

    Comme par magie, l'oranger se met à grandir, à grandir. Elle continue de bon cœur à chanter : 

    Ti zoranj fait branch, fait branch ti zoranj. Ti zoranj fait branch, fait branch ti zoranj.

     Aïe ! Ma belle-mère ti-zoranj, belle-mère pa manman ti-zoranj.  

    Alors, l'oranger se couvre de dizaines et de dizaines de branches. Ti-Marie chante à nouveau : 

    Ti zoranj fait feuille, fait feuille ti zoranj. Ti zoranj fait feuille, fait feuille ti zoranj.

     Aïe ! Ma belle-mère ti-zoranj, belle-mère pa manman ti-zoranj. 

    Et là, c'est le miracle. L'oranger se couvre de feuilles, de beaucoup de feuilles ! 

     Cric ! Crac !  

    Ti-Marie se remet à chanter de plus belle : 

    Ti zoranj fleri, fleri ti zoranj. Ti zoranj fleri, fleri ti zoranj.

     Aïe ! Ma belle-mère ti-zoranj, belle-mère pa manman ti-zoranj. 

    Aussitôt, l'oranger se met à fleurir : 

    Ti zoranj donnin, donnin ti zoranj. Ti zoranj donnin, donnin ti zoranj.

     Aïe ! Ma belle-mère ti-zoranj, belle-mère pa manman ti-zoranj.

    O ! Miracle, l'oranger se couvre de dizaines de fruits :

    Ti zoranj mi-non, mi-non ti zoranj. Ti zoranj mi-non, mi-non ti zoranj.

     Aïe ! Ma belle-mère ti-zoranj, belle-mère pa manman ti-zoranj.

    Les oranges étaient bien mûres et même très jolies. Ti-Marie en cueille une et la mange. Après cela, elle en rapporte quelques unes à la maison, et les pose sur la table. Quant la belle-mère les voit, elle dit :

    - Oh ! Où as-tu trouvé ces belles oranges?

    - Tout près d'ici...

    - Où cela?

    - Près de la tombe de ma mère.

    - Viens me montrer... 

    Cric ! Crac ! 

    A peine arrivée, la belle-mère se précipite sur l'oranger pour en cueillir. Quand Ti-Marie la voit sur l'oranger, alors elle se met à chanter : 

    Ti zoranj grandi, grandi ti zoranj. Ti zoranj grandi, grandi ti zoranj.

     Aïe ! Ma belle-mère ti-zoranj, belle-mère pa manman ti-zoranj. 

    Cric! Crac! 

    L'oranger se met à grandir, grandir, grandir avec la belle-mère dessus. Elle se met à crier : "Au secours! Au secours... Ti-Marie, pardonne-moi mon enfant, je serai gentille avec toi !" 

    Mais Ti-Marie fait comme si elle n'avait rien entendu, et continue à chanter : 

    Ti zoranj cassé, cassé ti zoranj. Ti zoranj cassé, cassé ti zoranj.

    Aïe ! Ma belle-mère ti-zoranj, belle-mère pa manman ti-zoranj.

    L'oranger se casse dans un grand "CRAC, CRAC, CRAC, BOUM" et la méchante belle-mère meurt. 

    Et moi, j'en ai profité pour ramasser quelques oranges afin d'avoir assez de force pour venir te raconter cette belle histoire qu'on raconte aux petits-enfants haïtiens. 

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