• Pour ce tapis de lecture, qui m'a pris vraiment beaucoup de temps, j'ai décalqué le tigre sur feutrine, cousu sur le tissu du fond, puis j'ai découpé une à une des rayures en feutrine noire, puis cousues à la machine délicatement, de quoi devenir chèvre ! Enfin, je me disais que de cette façon les rayures seraient bien fixées. J'ai ajouté les différentes parties du visage en feutrine, deux paillettes pour les yeux, et bien sûr je n'ai pas oublié de broder les moustaches, élément central du conte...

    poil de la moustache du tigre

    Il s'agit d'un conte Coréen qui s'appelle "Le poil de la moustache du tigre", de Béatrice Tanaka dans la collection Petits contes de sagesse, chez Albin Michel.

    En voici le récit :

    Le mari de Yun Ok revient chez lui après une longue guerre, mais il a vu tant d'horreurs qu'il ne parle plus, il ne regarde plus sa femme ni ne lui parle. Il reste juste assis toute la journée en attendant que les journées passent. Alors, Yun Ok va voir un herboriste qui a la réputation de guérir tous les maux avec ses préparations. Celui-ci écoute Yun Ok, puis lui dit de revenir le lendemain, qu'il va réfléchir à une solution.

    Le lendemain, Yun Ok retourne chez l'herboriste. Celui-ci lui dit que pour guérir son mari, il a besoin d'un poil de moustache de tigre vivant. Yun Ok est effrayée, elle lui dit que jamais elle n'arrivera à s'approcher d'un tigre vivant et à lui arracher un poil de moustache ! L'herboriste lui répond alors qu'il ne peut rien faire pour elle si elle ne lui ramène pas cet ingrédient. Yun Ok répond alors qu'elle aime profondément son mari, et qu'elle est prête à tout faire pour le sauver.

    Elle rentre chez elle, et prépare le meilleur repas qu'elle sache cuisiner, le verse dans un bol, et part sur le chemin de la montagne qui mène à la caverne du tigre. Arrivée à distance, elle pose le bol du repas, et l'appelle doucement, mais il ne se montre pas. Après une heure, elle reprend son bol et retourne chez elle.

    Tous les jours, pendant des semaines et des mois, elle porte un bol de la meilleure nourriture au tigre, qui ne se montre toujours pas. Un jour cependant, elle entend un bruit dans la caverne, et voit une ombre bouger. Elle persévère pendant encore des semaines, jusqu'à ce que le tigre s'avance jusqu'à l'entrée pour flairer la délicieuse nourriture, et observer cette femme qui l'appelle avec sa voix si douce. Il a pris l'habitude de la voir arriver tous les jours, et un jour il l'attend à l'entrée de sa caverne avant même qu'elle arrive.

    Yun Ok persévère, et petit à petit, au fil des mois, le tigre ose sortir de sa caverne et s'avancer sur le chemin ; il se rapproche peu à peu du bol de nourriture. Un jour, il est tellement près que Yun Ok pourrait le toucher en étendant sa main, mais elle se retient, et repart le coeur gonflé de joie.

    Un jour cependant, elle parle au tigre, qui connaît bien sa voix, et elle lui demande l'autorisation de le toucher. Elle étend sa main, le tigre la suit des yeux mais ne bouge pas quand elle le touche. Et pendant des semaines, le tigre s'approche de Yun Ok, et se laisse caresser. Quelques semaines après, pour la première fois, il goûte la nourriture proposée par Yun Ok, et ils passent ensemble de longs moments côte à côte sur le chemin.

    Enfin, un jour, Yun Ok fait sa demande au tigre ; elle lui explique, avec sa douce voix, que son mari est malade de tristesse, et que pour le guérir, elle a besoin d'un poil de sa moustache. Elle parle longtemps, elle parle doucement, et quand elle avance sa main vers le museau du tigre, il ne dit rien, et quand elle lui arrache un poil de moustache, il se laisse faire...

    Yun Ok est heureuse, elle remercie le tigre, le quitte en courant, et retourne chez l'herboriste. Quand elle arrive, toute heureuse, deux ans ont passé depuis sa dernière visite, mais l'herboriste la reconnait quand même. Il prend le poil de moustache, le regarde attentivement, puis le brûle dans la flamme de sa bougie.

    Yun Ok est stupéfaite, ce poil qu'elle a obtenu en tant de temps, il est réduit en poussière ! Alors, l'herboriste lui dit :

    "Yun Ok, tu as réussi la mission que je t'avais confiée, mais maintenant toi seule peut guérir ton mari. Tu as réussi, avec beaucoup de patience, à approcher un tigre terrible et à lui arracher un poil de sa moustache. Si tu as réussi avec un tigre, je ne doute pas que tu réussiras à redonner goût à la vie à ton mari."

    Yun Ok comprend maintenant que l'herboriste ne peut rien faire pour elle, et elle retourne chez elle s'occuper de son mari.

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  • Pour réaliser ce tapis de lecture, j'ai décalqué la forme du personnage sur un tissu bariolé, puis cousu sur le fond uni, appliqué la bouche en feutrine, et cousu deux boutons pour faire des yeux amusants.

    Crapaud

    Et voici le texte de cette comptine traditionnelle haïtienne, que je fais apprendre chaque année à mes élèves, et chaque année elle a toujours le même succès !

    Crapaud s’il te plaît, va au marché !

         J’ai mal au pied.

    Crapaud s’il te plaît, écosse les pois !

         J’ai mal au bras.

    Crapaud s’il te plaît, lave les assiettes !

         J’ai mal à la tête.

    Crapaud s’il te plaît, allume le feu !

         J’ai mal aux yeux.

    Crapaud s’il te plaît, surveille le fourneau !

         J’ai mal au dos.

    Crapaud s’il te plaît, coupe le pain !

         J’ai mal à la main.

    Crapaud, dresse la table pour le dîner !

         J’ai mal au nez.

    Viens manger, Crapaud, la soupe est servie !

         J’essaierai, pour vous faire plaisir, mon amie.

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  • J'avais depuis longtemps ce morceau de tissu matelassé avec un fond d'orangers, et je me demandais bien si j'allais en faire une trousse ou autre chose. Finalement, dans mon dossier de lectures, j'ai retrouvé un conte qui collait parfaitement avec.

    J'ai décalqué le personnage sur la feutrine, ses habits sur le tissus bariolé, j'ai tout cousu sur le fond, puis j'ai brodé les cheveux, les lèvres, les yeux et les bijoux avec du fil à broder et des perles de rocaille.

    Oranger magique

    Voici le conte :

    Il y avait une femme qui avait une belle-fille qui vivait chez-elle. Mais elle n'aimait pas sa belle-fille. Un jour, avant de partir, elle laissa deux oranges sur la table. Ti-Marie qui avait faim, en mangea une. A peine arrivée, la belle-mère demande à Ti-Marie où est passée l'autre orange.

    - Mère, c'est moi qui l'ai mangé. 

    - Je ne t'avais pas dit de la prendre, alors rends-la moi !

    - Mère, c'est parce que j'avais faim que je l'ai mangée.

    - Va me chercher immédiatement mon orange ! 

    - Comment vais-je faire pour vous rendre l'orange ? Je n'ai pas d'argent pour en acheter.

    - Peu m'importe, mais ramène-moi mon orange. 

     Cric ! Crac !

    Ti-Marie retourne alors là où elle avait mangé l'orange, ramasse une graine et s'en va sur la tombe de sa vraie mère. Elle plante la graine et se met à chanter : 

    Ti zoranj levé, levé ti zoranj. Ti zoranj levé, levé ti zoranj.

    Aïe ! Ma belle-mère ti-zoranj, belle-mère pa manman ti-zoranj. 

    Tout à coup, une pousse sort de terre. Elle continue de chanter :

    Ti zoranj grandi, grandi ti zoranj. Ti zoranj grandi, grandi ti zoranj.

    Aïe ! Ma belle-mère ti-zoranj, belle-mère pa manman ti-zoranj.

    Comme par magie, l'oranger se met à grandir, à grandir. Elle continue de bon cœur à chanter : 

    Ti zoranj fait branch, fait branch ti zoranj. Ti zoranj fait branch, fait branch ti zoranj.

     Aïe ! Ma belle-mère ti-zoranj, belle-mère pa manman ti-zoranj.  

    Alors, l'oranger se couvre de dizaines et de dizaines de branches. Ti-Marie chante à nouveau : 

    Ti zoranj fait feuille, fait feuille ti zoranj. Ti zoranj fait feuille, fait feuille ti zoranj.

     Aïe ! Ma belle-mère ti-zoranj, belle-mère pa manman ti-zoranj. 

    Et là, c'est le miracle. L'oranger se couvre de feuilles, de beaucoup de feuilles ! 

     Cric ! Crac !  

    Ti-Marie se remet à chanter de plus belle : 

    Ti zoranj fleri, fleri ti zoranj. Ti zoranj fleri, fleri ti zoranj.

     Aïe ! Ma belle-mère ti-zoranj, belle-mère pa manman ti-zoranj. 

    Aussitôt, l'oranger se met à fleurir : 

    Ti zoranj donnin, donnin ti zoranj. Ti zoranj donnin, donnin ti zoranj.

     Aïe ! Ma belle-mère ti-zoranj, belle-mère pa manman ti-zoranj.

    O ! Miracle, l'oranger se couvre de dizaines de fruits :

    Ti zoranj mi-non, mi-non ti zoranj. Ti zoranj mi-non, mi-non ti zoranj.

     Aïe ! Ma belle-mère ti-zoranj, belle-mère pa manman ti-zoranj.

    Les oranges étaient bien mûres et même très jolies. Ti-Marie en cueille une et la mange. Après cela, elle en rapporte quelques unes à la maison, et les pose sur la table. Quant la belle-mère les voit, elle dit :

    - Oh ! Où as-tu trouvé ces belles oranges?

    - Tout près d'ici...

    - Où cela?

    - Près de la tombe de ma mère.

    - Viens me montrer... 

    Cric ! Crac ! 

    A peine arrivée, la belle-mère se précipite sur l'oranger pour en cueillir. Quand Ti-Marie la voit sur l'oranger, alors elle se met à chanter : 

    Ti zoranj grandi, grandi ti zoranj. Ti zoranj grandi, grandi ti zoranj.

     Aïe ! Ma belle-mère ti-zoranj, belle-mère pa manman ti-zoranj. 

    Cric! Crac! 

    L'oranger se met à grandir, grandir, grandir avec la belle-mère dessus. Elle se met à crier : "Au secours! Au secours... Ti-Marie, pardonne-moi mon enfant, je serai gentille avec toi !" 

    Mais Ti-Marie fait comme si elle n'avait rien entendu, et continue à chanter : 

    Ti zoranj cassé, cassé ti zoranj. Ti zoranj cassé, cassé ti zoranj.

    Aïe ! Ma belle-mère ti-zoranj, belle-mère pa manman ti-zoranj.

    L'oranger se casse dans un grand "CRAC, CRAC, CRAC, BOUM" et la méchante belle-mère meurt. 

    Et moi, j'en ai profité pour ramasser quelques oranges afin d'avoir assez de force pour venir te raconter cette belle histoire qu'on raconte aux petits-enfants haïtiens. 

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  • Ce tapis de lecture est un mélange de couture et de collage de tissu :

    Pour le décor, j'ai cousu ensemble deux tissus représentant le sol et la végétation.

    J'ai décalqué les divers éléments de l'âne sur une feutrine, puis superposé les épaisseurs, et ajouté une paillette et une perle pour l'oeil et les naseaux, puis brodé la crinière et la queue.

    Pour les personnages, j'ai décalqué les formes sur la feutrine, puis collé sur une trame de tire-fil un peu rigide dessus et dessous. Je les ai accrochés par un fil tressé au licou de l'âne pour pouvoir les faire bouger, mais sans les perdre.

    père et son fils

    Ce conte est tiré de "10 contes d'Afrique", racontés par Souleymane M'Bodj, aux éditions Milan. En voici l'histoire :

    "Un garçon se plaignait à son père que ses voisins le critiquaient pour tout ce qu'il faisait. Alors, son père lui dit : "Va au marché, et ramène-moi un aliment à la fois sucré et salé."

    Le garçon va au marché, fait le tour de tous les étals, et ne trouve pas ce que lui demande son père. Il revient chez lui. Son père l'emmène alors chez le boucher, achète une langue de boeuf, et lui dit : "Une langue peut être très salée et te faire mal si on te dit des méchancetés ; mais elle peut aussi être sucrée et te rendre vaniteux si on te flatte."

    Le père dit alors à son fils d'aller chercher son âne. Ils partent tous deux en chemin, et arrivent à un premier village. Le père dit à son fils de monter sur l'âne, et ils entrent. Lorsque les villageois les voient, ils disent : "Regardez ce mauvais fils qui monte son âne et qui laisse son pauvre vieux père marcher !"

    Ils continuent leur route, et arrivent à un deuxième village. Le père dit à son fils de descendre, qu'il va prendre sa place. Lorsque les villageois les voient, ils disent : "Regardez ce vieux père ! Son pauvre fils a travaillé toute la journée,  et il le laisse se fatiguer encore plus à marcher devant l'âne !"

    Ils continuent leur route, et arrivent à un troisième village. Le père dit à son fils de monter avec lui sur l'âne. Lorsque les villageois les voient, ils disent : "Regardez ces deux idiots paresseux, ils vont tuer leur pauvre âne sous leur poids !"

    Ils continuent leur route, et arrivent à un quatrième village. Le père dit à son fils de descendre, qu'ils vont tous deux marcher devant l'âne. Lorsque les villageois les voient, ils disent : "Regardez ces deux idiots, ils ont un âne et ils ne montent même pas dessus pour se reposer !"

    En sortant du village, le père dit à son fils : "Tu vois, quoi que tu fasses, il y aura toujours des gens qui te critiqueront. Alors n'écoute pas tes voisins, et fais ce que tu penses être bien."

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  • Très proches du tapis de lecture, je vous présente ici des marionnettes, réalisées à partir de l'album "Docteur Loup" d'Olga Lecaye lorsque j'étais en GS.

    Marionnettes Docteur Loup

    L'histoire : Marc le petit lapin est malade ; sa maman veut l'emmener voir le médecin, mais tous ceux rencontrés en chemin ne peuvent pas le soigner. Finalement, on leur conseille d'aller voir le docteur Loup, qui est un excellent médecin. Mais est-ce bien prudent, pour des lapins de rendre visite à un loup ?

    J'aime beaucoup les albums d'Olga Lecaye, et j'ai réalisé des marionnettes en peignant les visages des personnages sur du carton, pour raconter l'histoire d'une façon différente à mes élèves non francophones. Eh oui, pour attirer leur attention je devais toujours inventer et innover.

    Note de Satin : ce sont mes préférées, j'ai vu Lapinou les peindre lorsque nous étions voisines, et à vrai dire elles sont superbes...

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  • Pendant l'année scolaire 2009/2010, j'ai voulu créer le tapis de lecture de la classe des CE1/CE2 avec une histoire inventée et écrite par les élèves.

    Pour cela, nous sommes partis de notre mascotte Lapinou (mais non, pas moi , notre vrai lapin !) qui allait dans les familles chaque fin de semaine, et de ce que chacun avait vécu avec lui. Ainsi il a rencontré des chiens et des chats et fait beaucoup de bêtises !!

     

    Raconte tapis Lapinou3

    C'était un projet ambitieux et sur deux ans cela aurait été probablement plus abouti, mais voilà ce que ça a donné :

     

    Raconte tapis Lapinou1

     

     

     

    Raconte tapis Lapinou2

    J'ai d'abord inventé le début de l'histoire, puis chaque élève a eu une fiche pour choisir son personnage.

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  • 2ème tapis : "La grenouille à grande bouche" en origami, d'après l'album d'Elodie Nouhen

    L'histoire : Une grenouille à grande bouche gobeuse de mouches et un peu curieuse va se promener. Elle demande aux animaux rencontrés sur son chemin ce qu'ils mangent, mais à chaque fois leur menu ne lui plaît pas. Finalement elle rentre chez elle, où elle rencontre le crocodile qui mangerait bien une grenouille à grande bouche...

    Tapis de lecture "La grenouille à grande bouche", de Lapinou

    Au début le tapis était très simple avec 2 parties, l'eau et la savane. Mais comme c'est un conte de randonnée, je l'ai amélioré avec une 3ème partie, et j'y ai mis de nombreux animaux en origami pour faire les décors. Il n'est pas encore fini et il fera l'objet de nouvelles photos.

    Tapis de lecture "La grenouille à grande bouche", de Lapinou

     Tapis de lecture "La grenouille à grande bouche", de Lapinou

    Je l'ai utilisé aussi en Allemagne, j'ai fabriqué un petit livret pour parler des animaux et de leur alimentation, voici tout ces documents :

     

    Et pour finir, un article de notre collègue Rigolett, qui a elle aussi exploité cet album...

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  • 4ème tapis de lecture : Jeu à compter, inventé en GS :

    Mon but était de permettre à ces enfants (qui allaient entrer en CP) d'avoir une certaine culture littéraire, j'ai donc pris en photo leurs doigts pour faire 1, 2, 3 juqu'à 14. Eh oui, après tout on peut faire ces chiffres en choisissant différents doigts, pour eux c'était très important. Puis nous avons choisi des animaux et des ojets correspondant aux nombres, les élèves les ont coloriés, et j'ai tout plastifié. Ensuite il a fallu se remémorer tous les thèmes travaillés pendant l'année : Noël, les sorcières, le pain, les fruits et les légumes, le loup... Ils ont illustré ces thèmes.

    Nous avons pu alors jouer :

    On lance un ou deux dés, sous chaque chiffre est caché un thème de l'année, l'élève le découvre, puis il doit aller chercher dans la bibliothèque un album ou documentaire correspondant au thème sur lequel il est tombé. S'il le peut, il doit aussi raconter l'histoire du livre choisi. Cela a très bien fonctionné dans la classe.

    Tapis de lecture "Jeu à compter", de Lapinou

    Tapis de lecture "Jeu à compter", de Lapinou

    Tapis de lecture "Jeu à compter", de Lapinou

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