• Oraliture

    Le titre d'oraliture n'est pas très utilisé, mais il est cité par-ci par-là sur le web ; il s'agit d'une forme orale d'écriture, largement présente dans les contes traditionnels. On se souvient que Charles Perrault (entre autres) s'est attaché à son époque à recueillir des récits de tradition orale pour les fixer sous forme écrite. Il a ainsi transformé l'oraliture en littérature.

    En fait, de nombreux supports que nous globetrotteuses préparons chez nous en peinture ou couture nous servent à raconter des histoires en classe, donc nous allons laisser dans la rubrique couture ce qui ne concerne pas l'école, pour trouver ici tout ce qui sert à conter ou à faire conter.

    Voici donc quelques uns de nos travaux de couture, qui ont débuté lors de notre année à l'IUFM, et qui ont continué par émulation réciproque (et aussi pour vider nos énormes stocks personnels de tissus avant que nos maris ne les jettent au feu !)

    Vous trouverez donc des photos et des descriptifs de nos divers "tapis de lecture" ou "raconte tapis". J'ai découvert cette activité lorsque mon fils était en maternelle dans les environs de Bordeaux.

    Une conteuse était venue dire un conte traditionnel africain en utilisant comme support un décor en tissu dans lequel elle avait enveloppé les personnages en tissu (la lune, le soleil, les maisons). J'étais captivée, les enfants aussi, et j'ai trouvé ce principe  génial.

    Puis d'autres conteuses sont venues, et ont présenté un immense tapis en forme de jeu de l'oie  (2/3 m de côté), chaque case présentant un personnage ou un thème en patchwork. Elles lançaient un dé à dessins, qui déterminait la case sur laquelle elles se déplaçaient et donc l'histoire qui allait être racontée. Les spectateurs adultes et enfants étaient tous bouche bée, et j'ai passé une excellente après-midi.

    L'année suivante, à l'IUFM, j'ai réfléchi à la fabrication et à la mise en place de tapis de lecture, j'en ai parlé à Lapinou qui a adoré, et les résultats suivent...

  • Dans mon tapis jeu de l'oie, il me manquait un monstre ; peu inspirée par la couture d'un monstre j'ai préféré le dragon et j'ai trouvé ce modèle, relativement facile à réaliser avec un étui à lunettes en simili cuir et quelques perles.

    Le dragon

    En fait je n'ai pas d'histoire associée, mais cela doit se trouver sans souci dans le stock de contes traditionnels ou modernes...

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  • La sirène Maman Dilo est un des personnages de contes les plus typiquement guyanais ; elle est à l'origine d'histoires où elle piège les hommes dans l'eau de la rivière. J'ai eu l'occasion de constater que de nombreux jeunes enfants d'ici croient fermement à son existence, j'ai donc dû renoncer à les persuader qu'elle n'était qu'un personnage de conte...

    Pour cette sirène, je me suis lancée dans une laborieuse couture manuelle de sequins bleus et verts. Le résultat me plait beaucoup, mais j'avoue que j'étais contente quand j'ai eu terminé ! En main, Maman Dilo tient une clé magique qui correspond au conte que je connais, mais habituellement elle tient un peigne qui rend amoureux d'elle tout humain le trouvant.

    Maman Dilo

    Voici la version nommée "La clé de l'eau" de Dominique Louisor et Alain Landy, aux éditions Anne C. :

    Maman Dilo, la reine de l'eau, possédait une clé magique qui commandait à la porte de l'eau pour qu'il pleuve. Un jour, elle partit rendre visite à ses amis de la mer et confia sa clé magique à son aide Crapaud, qui avait la peau du dos bien lisse.

    Mais Crapaud était feignant, il se reposa et oublia d'ouvrir la porte de l'eau pour qu'il pleuve. Lorsque les criques (rivières) n'eurent plus assez d'eau et que les mares furent à sec, les animaux vinrent le supplier, mais Crapaud les envoya promener. Les animaux décidèrent alors d'aller prévenir Maman Dilo au fond de la mer. Seule la tortue luth pouvait nager si profondément dans la mer, ce fut donc elle qui alla prévenir la reine de l'eau.

    Maman Dilo était très en colère quand elle apprit que Crapaud avait trahi sa confiance ; elle revint dans la forêt, reprit sa clé magique et ouvrit la porte de l'eau pour remplir à nouveau les criques et les mares.

    Puis, pour punir Crapaud de sa désobéissance, elle le condamna à avoir de nombreux boutons sur le dos. Et c'est depuis ce jour que Crapaud, contrairement aux grenouilles, a des boutons sur le dos.

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  • Voici un conte que j'ai lu sur un manuel (je ne sais plus lequel) et qui m'a semblé très sage, j'ai beaucoup aimé la "morale". J'ai donc cousu un mandarin et son chat pour compléter mon tapis de lecture "plateau de jeu", et voici ma version de ce conte :

    Le chinois et son chat

    Il y avait au Vietnam un mandarin qui avait un chat qu'il appelait "Chat" et dont il était passionné. Il aimait tant son chat et le trouvait si extraordinaire qu'il choisit de l'appeler "Ciel", car le ciel est la plus grande création de l'univers.

    Un jour, le voisin de cet homme l'entendit appeler son chat "Ciel", et lui en demanda la raison. Le mandarin lui expliqua que le Ciel était la chose la plus extraordinaire et la plus puissante qui existe.

    Le voisin lui dit alors que les nuages sont plus puissants que le ciel, puisqu'ils peuvent le cacher entièrement. Le mandarin fut d'accord, et décida d'appeler son chat "Nuage".

    Mais le voisin renchérit en disant que le vent est plus puissant que les nuages, puisqu'il peut les pousser entièrement. Le mandarin fut de nouveau d'accord, et décida d'appeler son chat "Vent".

    Le voisin ajouta alors que les murs sont plus puissants que le vent, puisqu'ils peuvent l'arrêter. Le mandarin pensa que cela était vrai, et décida d'appeler son chat "Mur".

    Mais le voisin, qui n'avait pas dit son dernier mot, rappela qu'aucun mur ne peut résister, avec le temps, aux grignotages des souris. Le mandarin trouva cela très vrai, et décida d'appeler son chat "Souris".

    Le malicieux voisin rappela alors au mandarin qu'aucune souris ne peut éternellement échapper aux griffes d'un chat. L'homme, confus, comprit alors qu'il n'avait pas besoin de trouver un nom extraordinaire pour son chat, et qu'il pouvait tout simplement l'appeler "Chat".

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  • Quand j'ai eu le CRPE, je me suis mise à réfléchir à mes propres "tapis de lecture", pour proposer quelque chose de particulier à mes élèves, et j'ai commencé par des modèles faciles à réaliser :

    Je vous présente donc un tapis très simple, car j'avais un tissu à motif champêtre que j'ai juste ourlé, puis j'ai scanné, imprimé et plastifié les personnages de l'excellent album "le gros navet", d'Alexeï Tolstoï et Niamh Sharkey.

    Tapis de lecture du "Gros navet"

    Ce conte de randonnée marche très bien auprès des élèves, je l'ai expérimenté en GS auprès d'enfants non francophones, et en quelques séances, ils ont même réussi à se le raconter à plusieurs en atelier autonome !

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  • Hier soir, j'ai assisté à la soirée contes du festival "Kouté pou tandé" à Kourou, organisé par la compagnie de conteurs guyanaise Zoukouyanyan.

    Kouté pou tandé 2015

    Tout d'abord j'ai eu peur qu'il y ait plus d'organisateurs que de personnes dans le public, visiblement la communication sur l'évènement n'a pas été optimale, et la pluie qui s'est ajoutée a dû en décourager plus d'un. Mais finalement, le quart d'heure guyanais terminé, nous avons fini à quelques dizaines de spectateurs.

    En tous cas, je n'ai vraiment pas regretté d'y être allée, car si j'aime lire des histoires à mes élèves, j'aime aussi en entendre...

    Sur la photo ci-dessous, de gauche à droite les conteurs et le musicien de la soirée :

    •  Hassane Kassi Kouyate, du Burkina Faso, qui nous a conté les crocodiles dans le fleuve, ainsi qu'une amitié entre un roi et un mendiant.
    • Odile Armande-Lapierre, de Guyane Française, qui nous a conté en créole une bonne ruse de l'araignée Anansi et l'histoire d'une "Ti-Marie" locale.
    • Valérie Whittington, de Guyane française, qui nous a conté une magnifique histoire d'oiseau sauveur bien mal récompensé, et nous a fait réfléchir sur la chance et l'intelligence qui ne remplacent cependant pas la vérité.
    • Muriel Bloch, de France métropolitaine, qui nous a emmenés dans la toundra avec la lune, le soleil, les étoiles, le corbeau et ses amours.
    • Joao Mota, de Guinée Bissau, musicien, et qui a illustré les contes de Muriel Bloch avec toute une série d'objets sonores.

    Kouté pou tandé conteurs

     Kouté pou tandé 2015 3

    Kouté pou tandé 2015 4

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  • Pour réaliser ce hibou très sage, j'ai utilisé un unique tissu qui contenait plusieurs motifs dans les couleurs bleu ciel/marron et un peu de feutrine assortie, et j'ai pu représenter toutes les parties de son corps. Le fond est un reste de rideau aspect satiné, je trouve le résultat plutôt original.

    hibou

    Il s'agit d'une comptine anglaise, de Béatrice Tanaka dans "Des quatre vents", album de l'école des loisirs qui a bercé ma tendre enfance dans les années... bref, au siècle dernier !

    Il était une fois un gentil hibou

    Qui vivait dans un arbre sec.

    Il écoutait et voyait tout

    Mais jamais il n’ouvrait le bec.

    Et plus il écoutait

    Et plus il en savait.

    Et plus il en savait

    Et plus il se taisait.

    En le voyant je me suis dit :

    Si tout le monde faisait comme lui !

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  • Pour ce tapis de lecture, j'ai tout simplement décalqué l'éléphant sur la feutrine, puis je l'ai cousu sur le fond bariolé, ajouté la défense, et brodé les oreilles, la queue et le long des pattes pour les séparer.

    éléphant

    Voici le récit, que j'ai entendu d'une conteuse :

    Il y a très longtemps, les éléphants vivaient dans la forêt, et il y avait deux groupes bien différents : les éléphants noirs et les éléphants blancs.

    Ils vivaient chacun dans une partie de la forêt, et étaient ennemis jurés. Si un éléphant blanc s'aventurait chez les éléphants noirs, il était aussitôt poursuivi et chassé à coup de noix de coco. S'il prenait l'idée à un éléphant noir de se promener chez les éléphants blancs, il était aussitôt poursuivi et chassé à coup de calebasse.

    Un jour malheureusement, la forêt devint trop petite et les éléphants trop nombreux. Il n'y avait plus assez de place pour que tous vivent séparément dans la forêt. Commença alors une guerre sans merci entre les éléphants noirs et les éléphants blancs. Les éléphanteaux avaient été éloignés dans la savane par leurs parents, et ils se retrouvèrent donc seuls à attendre que la guerre finisse. Mais cette fois-là, les combats étaient terribles, et tous les éléphants adultes moururent au fond de la forêt, aussi bien les éléphants blancs que les éléphants noirs...

    Les éléphanteaux grandirent dans la savane, blancs et noirs côte à côte ; ils ne voyaient pas leur différence de couleur, et arrivés à l'âge adulte, les éléphants noirs et blancs eurent des éléphanteaux gris. Après plusieurs générations, il n'y avait plus d'éléphants blancs ou d'éléphants noirs, il n'y avait plus que des éléphants gris qui vivaient tous en harmonie...

    Mais...

    L'autre jour, en me promenant dans la savane, j'ai entendu dire que des bagarres ont lieu entre les éléphants à grandes oreilles et ceux à petites oreilles...

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  • Pour ce tapis de lecture, qui m'a pris vraiment beaucoup de temps, j'ai décalqué le tigre sur feutrine, cousu sur le tissu du fond, puis j'ai découpé une à une des rayures en feutrine noire, puis cousues à la machine délicatement, de quoi devenir chèvre ! Enfin, je me disais que de cette façon les rayures seraient bien fixées. J'ai ajouté les différentes parties du visage en feutrine, deux paillettes pour les yeux, et bien sûr je n'ai pas oublié de broder les moustaches, élément central du conte...

    poil de la moustache du tigre

    Il s'agit d'un conte Coréen qui s'appelle "Le poil de la moustache du tigre", de Béatrice Tanaka dans la collection Petits contes de sagesse, chez Albin Michel.

    En voici le récit :

    Le mari de Yun Ok revient chez lui après une longue guerre, mais il a vu tant d'horreurs qu'il ne parle plus, il ne regarde plus sa femme ni ne lui parle. Il reste juste assis toute la journée en attendant que les journées passent. Alors, Yun Ok va voir un herboriste qui a la réputation de guérir tous les maux avec ses préparations. Celui-ci écoute Yun Ok, puis lui dit de revenir le lendemain, qu'il va réfléchir à une solution.

    Le lendemain, Yun Ok retourne chez l'herboriste. Celui-ci lui dit que pour guérir son mari, il a besoin d'un poil de moustache de tigre vivant. Yun Ok est effrayée, elle lui dit que jamais elle n'arrivera à s'approcher d'un tigre vivant et à lui arracher un poil de moustache ! L'herboriste lui répond alors qu'il ne peut rien faire pour elle si elle ne lui ramène pas cet ingrédient. Yun Ok répond alors qu'elle aime profondément son mari, et qu'elle est prête à tout faire pour le sauver.

    Elle rentre chez elle, et prépare le meilleur repas qu'elle sache cuisiner, le verse dans un bol, et part sur le chemin de la montagne qui mène à la caverne du tigre. Arrivée à distance, elle pose le bol du repas, et l'appelle doucement, mais il ne se montre pas. Après une heure, elle reprend son bol et retourne chez elle.

    Tous les jours, pendant des semaines et des mois, elle porte un bol de la meilleure nourriture au tigre, qui ne se montre toujours pas. Un jour cependant, elle entend un bruit dans la caverne, et voit une ombre bouger. Elle persévère pendant encore des semaines, jusqu'à ce que le tigre s'avance jusqu'à l'entrée pour flairer la délicieuse nourriture, et observer cette femme qui l'appelle avec sa voix si douce. Il a pris l'habitude de la voir arriver tous les jours, et un jour il l'attend à l'entrée de sa caverne avant même qu'elle arrive.

    Yun Ok persévère, et petit à petit, au fil des mois, le tigre ose sortir de sa caverne et s'avancer sur le chemin ; il se rapproche peu à peu du bol de nourriture. Un jour, il est tellement près que Yun Ok pourrait le toucher en étendant sa main, mais elle se retient, et repart le coeur gonflé de joie.

    Un jour cependant, elle parle au tigre, qui connaît bien sa voix, et elle lui demande l'autorisation de le toucher. Elle étend sa main, le tigre la suit des yeux mais ne bouge pas quand elle le touche. Et pendant des semaines, le tigre s'approche de Yun Ok, et se laisse caresser. Quelques semaines après, pour la première fois, il goûte la nourriture proposée par Yun Ok, et ils passent ensemble de longs moments côte à côte sur le chemin.

    Enfin, un jour, Yun Ok fait sa demande au tigre ; elle lui explique, avec sa douce voix, que son mari est malade de tristesse, et que pour le guérir, elle a besoin d'un poil de sa moustache. Elle parle longtemps, elle parle doucement, et quand elle avance sa main vers le museau du tigre, il ne dit rien, et quand elle lui arrache un poil de moustache, il se laisse faire...

    Yun Ok est heureuse, elle remercie le tigre, le quitte en courant, et retourne chez l'herboriste. Quand elle arrive, toute heureuse, deux ans ont passé depuis sa dernière visite, mais l'herboriste la reconnait quand même. Il prend le poil de moustache, le regarde attentivement, puis le brûle dans la flamme de sa bougie.

    Yun Ok est stupéfaite, ce poil qu'elle a obtenu en tant de temps, il est réduit en poussière ! Alors, l'herboriste lui dit :

    "Yun Ok, tu as réussi la mission que je t'avais confiée, mais maintenant toi seule peut guérir ton mari. Tu as réussi, avec beaucoup de patience, à approcher un tigre terrible et à lui arracher un poil de sa moustache. Si tu as réussi avec un tigre, je ne doute pas que tu réussiras à redonner goût à la vie à ton mari."

    Yun Ok comprend maintenant que l'herboriste ne peut rien faire pour elle, et elle retourne chez elle s'occuper de son mari.

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