• "Former des enfants lecteurs" GS/CP/CE1, Groupe lecture d'Ecouen

    Former des enfants lecteurs

     

    Et voilà, je l'ai cherché pendant des années à l'IUFM et dans mon école, et une collègue me l'a laissé en quittant l'école...

    En plus il s'agit de l'édition de 1984, papier jauni et petite couverture vert anis désuète... très mignon !

     

     

     

     

     

    Les auteurs commencent par proposer un environnement de classe dans lequel les élèves choisissent avec le maître les projets à mener. Le maître doit amener les élèves à "s'apprendre" seul, avec son aide.

    Lire, c'est accéder au sens, questionner de véritables écrits dans des situations réelles, pour répondre à un besoin.

    Les auteurs proposent une classe coopérative, où les tâches sont autant que possible dévolues aux élèves, dans des projets de la vie quotidienne, des projets-entreprise (but précis) ou d'apprentissage. En mettant en place ces projets, les élèves auront forcément besoin de lire et d'écrire, d'où des situations réelles, et non artificielles comme celles souvent proposées par les enseignants.

    "Il n'y a pas de manuel de lecture dans nos classe et il n'y a plus la séance classique de lecture tous les matins en arrivant. Alors que fait-on ? Tout simplement, tout naturellement, on lit à tout moment dans la journée en fonction de la vie dans la classe et dans l'école, et des projets en cours. C'est ce que nous appelons des séances de lecture "pour de bon". On ne lit pas pour apprendre à lire, on lit toujours pour un intérêt immédiat. [...]

    On lit :

    • pour répondre au besoin de vivre avec les autres, en classe et dans l'école
    • pour communiquer avec l'extérieur
    • pour découvrir les informations dont on a besoin
    • pour "faire"
    • pour nourrir et stimuler son imaginaire
    • pour se documenter dans le cadre d'une recherche en éveil"

    Suit la description de toute une série de de séances selon la méthode mise en avant par les auteurs : un extrait de littérature, un prospectus publicitaire, une affiche publicitaire, une affichette, un descriptif de maquillage, une recette de pâte à sel, un bricolage, une enveloppe de courrier, une lettre, un programme télé, une poésie, une BD.

    A chaque fois, le principe est le même :

    1. le contenu du texte est inconnu des élèves
    2. les conjugaisons des verbes sont celles du quotidien
    3. la découverte se fait sans ordre particulier, en fonction des réflexions des élèves
    4. la lecture des mots inconnus se fait sans oraliser, mais par comparaison avec ceux déjà connus

    Il y a cependant un travail préalable à la séance de lecture, car pour chaque support, les élèves doivent avoir recueilli un certain nombre d'indices :

    • comment le texte est arrivé en classe : un élève, maîtresse, facteur,...
    • à quel moment : heure du courrier ?
    • la nature du support : carton, papier,...
    • son format : A4, A3, ...
    • ses couleurs
    • sa typographie : taille, lettres, chiffres, ponctuation,...
    • sa nature : livre, feuille, dépliant,... /imprimé, photocopié, manuscrit,...
    • ses illustrations : schémas, dessins, ...

    Cela fait en présence du support affiché collectivement (de préférence), les élèves faisant leurs propositions à tous. S'il y a des éléments que les élèves ne peuvent connaître, la maîtresse leur apporte la connaissance nécessaire.

    Pour conclure le chapitre, les auteurs précisent que le déchiffrage des mots n'est pas la seule voie, mais juste une parmi d'autres.

    Cependant, pour que cette rencontre avec le texte fonctionne au mieux, il faut que le maître apporte une aide qui permettra aux élèves de structurer leurs stratégies. Le maître doit aider à la compréhension immédiate sans trop en faire, aider les élèves à comprendre leurs stratégies et à découvrir les outils méthodologiques (dictionnaires, tables des matières).

    Puis le groupe classe fabrique ses propres outils qui peuvent être déclinés individuellement : des affiches de mots rencontrés par texte, puis classés par thème, puis par ordre alphabétique, ... et ce qui est aussi important que la consultation des outils, c'est leur fabrication, car les utiliser devient alors évident.

    Vient aussi l'entraînement méthodique systématique :

    • anticipation et formulation d'hypothèses
    • discrimination visuelle rapide et identification des mots
    • balayage rapide et lecture discontinue
    • apprentissage rapide des valeurs des lettres
    • apprentissage des morphèmes : masculin/féminin, singulier/pluriel, terminaisons des verbes

    Lorsque les apprentissages sont bien mis en place, il faut favoriser la rencontre avec les livres, par l'intermédiaire du coin lecture dans lequel on peut organiser des jeux, de la bibliothèque d'école, d'une exposition-vente, d'ateliers de lecture pour lire à une autre classe, ...

    Concernant la production d'écrits, les auteurs recommandent de partir également de situations authentiques, et de faire utiliser aux élèves les moyens à leur disposition : graphisme, copie, production de message, orthographe.

    En conclusion de cet ouvrage, l'incontournable évaluation, qui vise surtout à vérifier ce qui a été vu ci-dessus :

    • savoir prendre des indices
    • savoir vérifier les hypothèses
    • savoir utiliser des outils méthodologiques
    • savoir "lire en diagonale"

    Et un mini chapitre expliquant que pour obtenir la pleine adhésion des parents à ce mode de fonctionnement, il faut bien les informer, et si possible les rendre partenaires des activités de classe tournant autour de la lecture, pour qu'ils comprennent que syllaber et oraliser ne sont pas les seules façons de s'apprendre à lire.

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